Mardi 15 février 2011 2 15 /02 /Fév /2011 18:06

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Le 07 Novembre 1306, dans un château du haut Var, par une nuit d’Automne. Charlotte de Saint Clair, accompagne elle même ses deux enfants, Hélène et henry, dans la chambre Sud, elle pense qu’ils serons là, à l’abri du froid, en tout cas moins exposés à celles du Nord. Arrivée dans la grande chambre, elle couche ses enfants, reste avec eux un moment, les embrasse puis elle les couvre d’une chaude couverture :

-« Dormez bien mes amours ! »

Elle souffle les bougies, puis quitte la chambre en refermant bien la porte. Dehors, le vent glacial transperce les murs du château et s’engouffre en sifflant, dans les longs couloirs obscurs. Charlotte, décroche un chandelier pour rejoindre sa chambre. A chacun de ses passages, les ombres des vieilles armures s’animent tout autour d’elle. Elle rajuste son châle sur sa poitrine.

Les rires et la musique de la beuverie que donne son époux Pierre à ses cousins, parviennent jusqu'à elle. Au détour d’un couloir, elle rencontre Constance, la gouvernante :

-« Madame, vous allez attraper la crève dans ces couloirs. Voyez comme vous tremblez ! Pourquoi avoir coucher vous-même les enfants, c’est mon travail ! »

-« Oh, Constance, j’ai comme un pressentiment cette nuit, j’ai peur, je crains pour mes enfants ! ».

-« Voulez vous que je reste près d’eux, cette nuit ? »

-« Oui ! Bien volontiers, veillez sur eux, je les aime tant ! ».

Elles se quittèrent.

Il y a banquet dans la grande salle surchauffée. On mange copieusement, on s’amuse, on danse et beaucoup de filles sont là. Comme de coutume, ces soûleries sont données par le comte Pierre de Saint Clair. D’ailleurs ses cousins, sont tous là, du moins ceux qui ont bien voulu accepter son invitation. Dans le chahut de la musique et des rires, le cousin Frédéric de Jocaste dans un excès d’alcool interpelle Pierre :

-« Mon cher cousin, ces fêtes sont si joyeuses, cette table si grandement garnie et les filles si délicieuses mais tout cela coûte fort chère, comment comptes tu, nous rembourser et quand ? ».

La réjouissance s’apaise, la musique se fait douce et tous regardent le cousin Pierre qui essaye de se lever mais ne réussi qu’a moitié, il resta finalement sur son siège.

-« Mes chers cousins, je vous dois beaucoup, c’est vrai ! Réussit-il à dire, Votre oncle, Auguste de Saint Clair, donc mon père, est âgé de 82 ans c’est un ancien croisé qui a servi sous Saint Louis à la 8 ème croisade. Vous le savez, il possède, toutes les terres qui nous entourent, les douze fermes de Pélenq Plus encore, toute la région de Valmogne. Vous serez remboursé quand votre oncle moura, amusez vous en attendant ! »

La musique reprit.

Pierre finit bruyamment un pichet de vin puis s’écroule sur la table. Une fille à demi nue, vient le consoler.

-« Mon cher Pierre, répond Frédéric, je t’informe que j’ai rencontré ce jour, Maître d’Arcy, le notaire de notre oncle, avec cinq pièces d’or, il a pu me chuchoter les récentes dispositions testamentaires. En fait, tu n’es pas son héritier, mais bien les enfants de Charlotte, nés de son premier mariage. Quant à toi tu es déshérité, semble-t-il! »

La musique s’arrêta net.

Pierre mit du temps à réaliser, il leva la tête, trouva le pichet de vin devant lui et le lança violemment vers les musiciens. En même temps, renvoie sauvagement la fille.

-« Je vais de ce pas, rectifier les dispositions, dit-il avec rage ! ».

Il rectifia sa tenue, et décrocha sa lourde épée, puis vacillant, il partit à travers les couloirs Sud, tandis que Frédéric de Jocaste, invita tous ses cousins à quitter le château.

Pierre marchait précipitamment, vers la grande chambre où dormaient les enfants de Charlotte, au passage il renversa plusieurs grands chandeliers et armures. Arrivé devant la chambre, il se jeta plusieurs fois sur la porte qui finit par céder. Constance, essaya de s’interposer, mais elle reçut les premiers coups mortels, puis, fou de rage alla vers les lits des enfants et s’acharna sur eux. Ils reçurent à plusieurs reprises les coups d’épées lancés avec force. Sur les petits lits, ce n’étaient plus que des enfants profondément entaillés réduits en lambeaux de chair et baignant dans leur sang.

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700 ans plus tard, le 07 Novembre 2006, dans le joli village de Baudinard sur verdon. C’est samedi matin, il y a beaucoup de monde dans la boucherie charcuterie traiteur de Matteo Langres. Sur sa table de travail, un magnifique quart de bœuf.

-« Combien de côtes, je vous mets Mme Gale, quatre, cinq ?

-« Non, quatre çà ira, merci ! »

Mattéo, installe son quart de bœuf, puis avec un long couteau tranchelard, découpe soigneusement la viande jusqu’à l’os.

-« Quatre belles tranches, vous allez vous régaler Mme Gale ! Et n’y mettez pas un frein ! »

-« Pardon, s’étonne la cliente ? »

-« Oui, le frein, la frein gale quoi ! »

Mattéo se mit à rire de sa boutade, suivi par tout le monde, la cliente plutôt réservée, a moins apprécié. Dans le village, à présent elle sera connue sous le nom de Mme Fringale. Mattéo, avec sa bonne humeur matinale, entame « J’me voyait déjà, en haut de l’affiche !… ». Il prit le gros couperet pour finir ses côtes de bœuf. Adroitement et avec force il trancha net, la première côte, puis le deuxième, puis la troisième, il s’apprêtait à trancher la quatrième, lorsqu’il entendit une cliente discuter avec une autre :

-« Il parait que le château des templiers est à vendre ! ».

Dans la seconde qui suivit, le lourd couperet trancha sec le pouce entier gauche de Mattéo. Lequel poussa un cri effroyable quand il vit son pouce, sauter dans le plat de cannelloni, les clients médusés, regardaient le pouce ensanglanté, baignant dans la sauce tomate. Ils poussèrent un cri d’horreur quand ils le virent bouger nerveusement. Tous quittèrent précipitamment la boucherie. Les plus courageux, proposèrent d’appeler en urgence le « 18 le 17 ou le 15 » ou même, Madame scotch la pharmacienne. Etrangement, une voiture du Samu arriva aussitôt et les premiers soins furent prodigués à Mattéo, mais il à été décidé de l’amener aussitôt à l’hôpital de Draguignan pour une éventuelle greffe. C’est Justinien le commis qui fût chargé de récupérer le pouce, ce dernier était embêté, dans le plat de cannelloni, il lui était impossible de distinguer le pouce en sang avec les rouleaux de cannelloni en sauce. Très responsable, il décide alors de prendre tout le plat.

Revenons un peu en arrière.

Matteo Langres, boucher de son état, a épousé, en juillet 1977, Mme Héloise Henant, veuve Marinides. Dont elle a eu de ce premier mariage, deux enfants. A la mort de son mari, propriétaire du château et descendant direct du comte, Auguste de Saint Clair, compagnon de St Louis à la huitième croisade, à sa mort donc, c’est Héloïse, qui a hérité du château, que les gens de Baudinard surnommaient communément la ferme des templiers, puis la ferme des croisés, puis la ferme tout cour. Et aujourd’hui, « le château des templiers ». C’était en fait, une simple et grande ferme avec deux tours en ruines. Héloïse et ces deux enfants, âgés de 32 et 35 ans, souhaitaient vendre au plus vite le château. Ce château, disaient-ils est froid et surtout serait hanté. En effet 700 ans plus tôt, un crime horrible avait été commis. Ils affirmaient même, parfois entendre la nuit, des cris d’enfants, ou des coups portés à la porte, et aussi, apercevaient des taches de sang sur des surfaces blanches etc.… Bref, ils ne supportaient plus de vivre dans ce château. A l’inverse, Mattéo, voulait lui, conserver le château pour le transformer en chambre d’hôtes. Il n’a jamais cru à ses histoires de fantômes. De ce désaccord, s’installait, un malaise permanent, souvent de sérieuses disputes s’engageaient. Toutefois la nuit précédent l’accident du pouce, Héloïse s’était donnée à son mari, espérant l’amadouer et ainsi avoir son accord, pour vendre. Ils avaient fait et refait l’amour une grande partie de la nuit. De son coté, Mattéo avait été un peu surpris des élans d’Héloïse, il s’était dit « C’est dans la poche, elle accepte mon idée des gîtes !». Et même, s’il ne croyait pas à ces fantômes, une petite publicité dans ce sens ne fera pas de mal, tout au contraire. Il se voyait riche et puissant. Au matin à la boutique, il avait chantait « J’me voyait déjà, en haut de l’affiche…. » Aussi, quant il avait entendu une cliente dire :

-« Il parait que le château des templiers est à vendre ! ».

« Son sang n’avait fait qu’un tour » et sa maladresse lui avait coûté son pouce.

L’opération de la greffe à réussit, son hospitalisation touche à sa fin. Ensuite, pour lui, plusieurs semaines de rééducation. La boucherie avait pu rester ouverte, et avait tourné sous la responsabilité du chef en second.

-« Mais qu’est-ce que je lui ai fait, se disait chaque jour Mattéo dans sa chambre d’hôpital. Elle décide seule de vendre, et moi ne suis-je pas son mari. On aurait pu en discuter ensemble. Mais non, Mme Héloïse Hénant-Marinides prend les décisions toute seule. Mais je ne me laisserais pas faire ! »

De très mauvaises pensées traversaient son esprit. Du fond de son lit, il ruminait des vengeances.

-« Elle vient même pas me voir, je peux crever. Peut-être c’est ce qu’elle souhaite, après tout. C’est bien du sang de meurtrier qui coule dans ces veines, du sang de son connard de mari, les Marinides eux, et tous leurs ancêtres, que des assassins. Dès mon retour, je les empoisonne tous les trois, elle, et ses deux enfants, avec de la mort aux rats, ils souffriront et je me marrerais en les voyant vomir et se tordre, ensuite je me pends. Je peux aussi, prétextant une ballade en voiture, les jeter du haut d’une falaise dans le Verdon ou les noyer dans le lac, Ou encore les écraser contre des rochers. Non, plutôt les découper avec mon couperet, celui qui m’a amputé le pouce, je brûlerai ensuite, leurs cadavres et la boutique avec moi à l’intérieur. Mais j’y pense, Le puits au milieu de la cour profond de 28 mètres ? A moins que... Oui, c’est çà ! Les oubliettes du château, SON château, voilà une idée, on ne les retrouvera jamais là, je débarrasse le trou de toutes ces merdes, cailloux, ferrailles et autres et je les jette dedans, tout au fond, puis je rebouche le tout. Ils pourriront lentement, avec leurs fantômes !... »

Une infirmière entra :

-« Bonjour Mr Langres, vous pouvez vous habiller. Vous sortez aujourd’hui. Vous passerez à l’accueil, on vous remettra vos certificats. Vous commencerez chez vous, la rééducation, On vous communiquera les coordonnées de la Kiné, Une ambulance vous attend! »

Mattéo remercia l’infirmière. Alors qu’elle s’apprêtait à sortir, il l’a rappelle.

-« Tout compte fait, je souhaiterai que vous m’appeliez un taxi! ».

-« Comme vous voulez ! »

Vingt minutes plus tard, Mattéo, communiqua une adresse au taxi.

Peu après, au taxi :

-« Attendez moi là, j’en ai pas pour longtemps ! »

Matteo poussa la porte d’une boutique, discuta un moment avec le marchand et sur les conseilles de celui-ci, choisit un pistolet model 80, de 4ème catégorie.

-« Pour vous défendre, c’est l’arme qu’il vous faut, avait dit l’armurier, je vous met, une boite de six ou douze balles? ».

Mattéo, sortit de la boutique, son arme dans sa poche.

Il reprit le taxi :

-«  s’il vous plait, au château des templiers, avant le village de Baudinard, sur la D 71 ! »

Le taxi mit 1 h10 pour arriver au château. Matteo paya sa course puis il s’engagea dans la courte allée bordée d’eucalyptus. En cet après midi d’Automne, le sol était tapissé de feuilles mortes. La campagne était silencieuse à peine dérangée par des corneilles au loin. Mattéo s’approcha du porche et poussa la lourde porte. Il entendit jouer du clavecin. Sa main droite serrait le pistolet dans sa poche. Sa tête était défaite son visage était pâle, ses traits durcit, il releva son col de son pardessus, il avait froid, mais ne tremblait pas.

-« C’est elle, Héloïse qui joue. Son clavecin aussi je brûlerai, Bach et les autres, pensa-t-il ! »

La musique s’arrêta :

-« Ils se sont aperçu de mon arrivée ! »

C’est Jeff, le jardinier qui vient à sa rencontre :

-« Bonjour Monsieur, venez vous réchauffer à l’intérieur, Monsieur va bien ? ».

Mattéo ne répond pas. Il rentre dans la cuisine. Refuse de se séparer de son pardessus, puis prit un couloir, celui qui mène dans la grande salle, là où devait se tenir Héloïse. Il s’approche de l’entrée, la main, toujours crispée sur la crosse du pistolet. Face à la porte, il hésita une seconde puis l’ouvrit brutalement, il fut surprit de trouver devant lui, sa femme souriante, derrière elle beaucoup de personnes étaient là. Il reconnu, autour de la grande table joliment garnie, quelques amis et tous ses employés, qui, le verre à la main, lui crièrent tous en cœur, « bon retour au château ! » Héloïse embrassa son mari et se serra contre lui, Mattéo la repoussa et dit :

-« Vous fêtez la vente du château, c’est çà ! »

-« La vente du château, s’étonna Héloïse ? Pas du tout, il n’y a eu aucune vente. Tout le monde est là pour fêter ton retour, allez viens, suis moi, tu as même une surprise qui t’attend! »

Mattéo, abasourdi se laissa accompagner, il ne savait pas quoi dire, au passage il n’arrivait pas à répondre aux sourires de ses amis, ou même, leur serrer la main, à peine arrivait-il à les saluer de la tête. Machinalement, sa main quitta enfin la poche de son pardessus et serra mollement quelques mains.

Héloïse lui demanda de s’asseoir au bout de la table et un de ses fils lui apporta un lourd paquet qu’il plaça devant lui. Mattéo l’ouvrit et vit s’étaler sur la table, des centaines d’échantillons de tissus.

-« C’est quoi, demanda-il ? »

-« C’est pour la décoration des chambre d’hôtes ! »

Mattéo hésite puis, bafouille quelques mots :

-« Les chambre d’hôtes ? Mais, tu veux bien… ? »

Héloïse fit un grand oui de la tête.

Pour Mattéo, s’en était trop, il s’effondra sur les échantillons et se mit à chialer comme un enfant.

Le reste de l’après midi, se passa tranquillement entre verres de champagnes, et petits gâteaux. Tous les doutes avaient été dissipés et on vit Mattéo et Héloïse main dans la main faire des projets. Plus tard, dans la soirée, Mattéo se retrouve seul dans la cour, il se dirige vers le puits, il veut se débarrasser du pistolet, mais avant, il s’imagine dans la boucherie cherchant la cliente, celle qui avait dit :

-« Il parait que le château des templiers est à vendre ! ».

Il l’a repère, vise sa tête et fait mine de tirer : « Pan ! pan ! pan ! » Il jette ensuite le pistolet au fond du puits, Il entendit le bruit de sa chute, sept seconde après. A cet instant Héloïse le rejoint. Elle se blottit un moment dans ses bras, Elle se trouve bien. La nuit est douce et le ciel dégagé, elle lui dit :

-« Tu sais, on devrait acheter un pistolet, pour nous défendre des gens qui voudraient nous faire du mal ! ».

Lucien Ruth (03 Novembre 2007)

F I N

 

 

 

 

 

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Mardi 28 septembre 2010 2 28 /09 /Sep /2010 18:42

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Marseille le 10 Mai 2013,

J'adore ma petite fille Coraly. Elle a onze ans, belle, intelligente, dégourdie, responsable. Pourtant un matin, en allant au collège, elle amena avec elle, sa petite tortue prénommée « Pascal ». Coraly, avait pensé qu'elle s'ennuierait, toute la journée, seule à la maison. Elle avait alors décidé de l'amener avec elle à l'école. Elle lui tiendrait compagnie et, ainsi passeraient ensemble la journée. Madame Le Laugic son professeur de français, accepta Coraly et, avec résignation, sa petite compagne. En fait, tous les élèves se réjouirent de la nouvelle venue. Le programme de la classe, fut bien sûr, bouleversé, à la grande joie des élèves et fut remplacé, à cette occasion, par une étude complète des reptiles, essentiellement axée sur les tortues, terrestres et marines...

La journée se passa ainsi agréablement, sur l'enseignement de cette espèce, les soins, l'alimentation, les maladies, le comportement, la reproduction etc...

A 15 heures30, les élèves quittèrent l'établissement à part Coraly. Si la classe s'était déroulée studieuse et sans incident, il en demeure pas moins que Coraly s'est vue infligée d'une sévère punition au motif : « introduction au collège, d'un animal sans autorisation préalable »

Elle a donc été priée, de copier, dix fois le texte intégral de Pascal (selon le modèle ci-dessus), dans un délai de quinze jours!!!

Désemparée, Coraly m'a demandé de l'aider, ce que je ferai très volontiers. Mais, compte tenu de la courte échéance, à mon tour je fais appel à vous, mes amis lecteurs et lectrices, à votre générosité, pour aider Coraly. Chacun de vous, devra copier un exemplaire du texte. Une fois terminé, merci de m'adresser en urgence, vos copies. La punition complète, doit être remise au Professeur le Lundi matin 27 Mai 2013!!! Pour Coraly, merci à vous!!!

Le 27 Mai au matin, Coraly remit son entière punition à Mme Le Laugic, celle-ci, sans vérifier, jeta l'ensemble à la poubelle. Puis pria Coraly de reprendre sa place.

Coraly est belle, intelligente, dégourdie, responsable, et surtout pas idiote. Ecrire dix fois le texte de Pascal, en quinze jours, même en punition, mérite, selon elle, une certaine reconnaissance, du respect même, suivi de félicitations grandement méritées voire, un émerveillement à récompenser!

Comme si rien était, Le professeur commença le cours tandis que Coraly jura de bien se venger.

 

-O-

 

Avant de frapper, Coraly colla son oreille à la porte, et entend son frère Floryan :

-«  Le nombre de cas possible est C 2 sur 52. Le nombre de cas favorable est C 2 sur 4 ( c'est à dire le nombre de manières de tirer deux as parmi les quatre).

Ainsi la probabilité cherchée est :

C2/4 sur C2/52 soit 4x3 sur 52x51 = 1 sur 13 x17 = 1 sur 221 soit : 0,004,5!!

la porte s'ouvre doucement.

-« Qu'est-ce que tu fais là interpelle Floryan en soulignant de trois traits, le résultat final ».

-« Oh, tant pis pour tes calculs de probabilité, mais j'ai besoin de toi! »

-« Tu le sais que j'ai horreur qu'on me dérange! »

-« Tu es bien venu dans ma chambre prendre ma gomme! »

-« Oui et alors il y'a deux jours tu m'as bien pris mon double décimètre ! »

-« Parce que tu m'avais pris mon stylo jaune et noir! »

-« Et mon livre que tu m'as rendu déchiré, je vais le dire à maman! »

-« Et moi à papa, pouet-pouet !!! »

-« Bon çà va, qu'est-ce que tu es venu faire dans ma chambre? »

Coraly expliqua à son frère ses démêlés avec Mme Le Laugic son professeur de Français, et son grand souhait de se venger. Ils finirent par se mettre d'accord, à une condition.

-« Tu m'aides pour mon devoir de rédaction demande Floryan! »

-« Ok mais juste un simple brouillon! »

Vous l'avez compris, Coraly excelle dans la littérature tandis que floryan, est exceptionnel en maths.

 

-O-

 

Le jeudi suivant au collège, c'est au tour de Coraly de lire son devoir de rédaction. Elle a choisi, le « sujet libre »

 

Coraly debout, près du Professeur, se tient droite, légèrement intimidée. Elle sourit à la classe entière et, d'un ton calme et assurée, lit son devoir de rédaction:

 

Un jour, en pleine nuit, je me suis trouvée, perdue en pleine forêt complètement désorientée et assez désappointée. Dans cette nuit d'encre, je me faisait un sang d'encre. Quelle direction choisir?

-« Reste en ces lieux et plonge toi dans le sommeil si tu as trop à attendre, me dit une voix! »

-« Qui que tu sois, je n'ai pas envie d'attendre en dormant moi!

-« Le jour, le jour, toujours le jour, je vais te dire des choses. Le jour, tu penses que tout est soleil et couleurs, et bien non, des créatures invisibles, aux visages hideux et blafards s'agitent autour de toi. Leur seul désire est de mordre ou griffer. Ils souhaitent surtout prendre ton corps et ton apparence pour se libérer, mais il ne peuvent pas car ton corps est protégé, comme tu le sais, par l'enveloppe divine. Mais il arrive que certains monstres parviennent à percer cette enveloppe et là, tu es en leur possession pour toujours, ton cerveau ne répond plus et la méchanceté s'installe en toi, pour défigurer ton esprit et rider ton corps!

« Tandis que la nuit.., tu sais toujours, sans affaiblissement de l'esprit ce que tu fais et ce que tu penses....!

Madame Le Laugic, interrompt sauvagement Coraly .

-« Arrêtez, arrêtez, stop, ne dites plus rien!

-« Mais, Madame, je n'ai pas terminé, s'étonne Coraly!

-« C'est bien assez ainsi, Vous n' honorez pas la mémoire de René Descartes, mais la salissez. Je vous rappelle que son esprit caractérisait la rigueur rationnelle, par une méthode infaillible, inspirée des mathématiques, le saviez vous...? »

-« Je salis rien Madame, c'est simplement ma version personnelle du « jour contre nuit »!

La classe est silencieuse et attend.

-« Vous aurez un deux, Mademoiselle, pour ne pas vous mettre un zéro!

Il s'en suivit, un grognement de mécontentement parmi les élèves.

 

-O-

 

Jeudi soir dans la chambre de Coraly.

-« T'imagines, un deux en rédaction, quelle vache, une vraie cartésienne Mme Le Laugic, elle porte bien son nom elle. Alors çà y est, tu as tout? »

-« J'en ai pris quatre, répond Floryan! »

-« Mon Dieu, qu'elle sont mignonnes! »

-« Tu les as trouvée où? »

-« A Sormiou, dans une grotte. Je me suis tout écorché en les récupérant. Bon voilà c'est terminé, je file aux allées Albéniz et toi pendant ce temps, tu fais ma rédac! »

-« Ok, et ce sac, c'est quoi? »

-« Une autre surprise, allez j'y vais! »

-« Attends, et si tu mettais quelques pétards? »

-« Non surtout pas, çà deviendrait trop rationnel! »

La nuit est largement avancée. Sur son vélo, Floryan parcourt les allées Albeniz silencieuses, puis s'arrête au N°53. Prudemment, Floryan s'approche de la porte d'une villa puis s'accroupit à hauteur de la chatière. Il dénoue les sacs, décale le rabat de la chatière et verse le contenu des sacs dans l'ouverture. Une fois fait, floryan reprend son vélo et s'en va.

 

-O-

 

Le vendredi après midi au collège, Coraly ne fut pas exagérément surprise de remarquer plusieurs groupes d'élèves, discutant comme de vrais commères dans la cour. Je parierais, songea-t-elle, que le sujet de conversation est Mme Le Laugic, le professeur de français. Serait-elle absente?

Un des groupes d'élèves accourent à la rencontre de Coraly.

-« Tu ne sais pas, il paraît que Le Laugic est devenue folle! »

-« Comment çà, s'étonne faussement Coraly? »

-« Cette nuit, elle criait tellement fort qu'elle à réveillé tout le quartier. Une vraie furie, elle racontait à tous, ce quelle à vu, dans sa chambres. Des chauves-souris horribles qui grinçaient et qui l'a mordaient pour lui sucer son sang. Elle voyait des visages hideux et blafards qui voulaient percer son enveloppe divine pour la posséder, elle à vu aussi des gnomes avec des têtes de crapauds, sauter sur son lit en coassant furieusement...! »

« Bref, les pompiers sont venus en pleine nuit, la police aussi et une ambulance. Tellement elle s'agitait, ils l'on amenée à l'Émeraude la clinique psychiatrique! »

-« Vous croyez qu'elle en a pour longtemps, demande Coraly compatissante? En tout cas, son ami Descartes, doit être tout en saccade dans sa tombe!! »

 J'adore mes petits enfants, ils sont beaux, intelligents, drôles, inventifs, pleins d'ingéniosités, perspicaces, fraternels, enfin ils sont tout en âme...

F I N

CORALY 2 (2)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Dimanche 18 avril 2010 7 18 /04 /Avr /2010 10:15

 

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         Une merveilleuse journée commence, pour Evelove. Dehors, le ciel est tout azur, avec une verdure immense et généreuse sur 360°. Ce matin, les chants multiples de la nature et ses odeurs pastorales l'enchantent.

-« Et bien se dit-elle, voilà, c’est un jour comme celui-ci que je choisirai pour mourir. Sans deuil et sans prière. Avec juste cette image de la nature belle et entière. Dans l’immédiat, ce n’est pas du tout mon but, bien au contraire. C’est décidé, ce matin je vais jogginer, dans ce merveilleux parc, aux milieux d’arbres centenaires où serpentent, ruisseaux et cascades et à la végétation luxuriante ! »

Evelove, laissa grande ouverte la fenêtre de sa chambre, son lit reste défait, ses affaires en désordres. Elle alla dans la salle de bain et fit un brin de toilette. Enfila juste un ensemble sportwear gris clair, mis à son cou, sa montre en sautoir, descendit le premier étage et ouvrit toute grande, la porte d’entrée. Là, en extase, elle respira, plusieurs bouffées de grand air, en s’étirant, heureuse comme une chatte et en remerciant le ciel.

« Allez, je vais vers le sentier des grands arbres! ».

Elle s’en alla légère, avec des mouvements aux rythmes gracieux et pures, ses longues jambes belles et fines foulent le sol, telle une gracieuse mécanique.

Ce matin elle se sent jeune et jolie et gourmande de vie. A chacune de ses enjambées, elle savoure égoïstement, les milles et une essences du parc. Elle halète à peine, avec un bruit d’effort soutenu, voire musical. Evelove est belle, sauvagement nature.

Heureuse, elle longea, le ruisseau, bordés d’eucalyptus, Brusquement, son pied gauche heurta une racine et elle perdit l’équilibre, voulant se rattraper, elle alla ainsi, de trébuches en trébuches, s’affaler dans le ruisseau. Rien de cassé, mais tout en salissure. Débardeur et pantalon, trempés et en boues, sautoir brisé, mais aussi, visage, cheveux et mains souillés.

Elle pesta de rage en jurant comme un charretier, s’en prenant à mère nature et à ses pièges. En un instant elle passa d’un bonheur parfait, à une cruelle déconvenue, crachant autour d’elle et à haute voix, une cascade d’injures, à tout l’environnent. Le sentier, l’arbre, la racine et le ruisseau. Tous, étaient les responsables directes de sa chute humiliante et de sa très prochaine et vraisemblable mauvaise humeur qui n’en finira pas.

Elle se releva rageuse et en boue.

-« Heureusement, personne ne m’a vu, pensa-t-elle ! »

Ses vêtements sont défaits et souillés, sa chevelure méconnaissable. Mal à l'aise, elle reprit, pas à pas, le chemin du retour en rasant les arbres, cherchant l’ombre et l’épaisse végétation. Lorsque soudain, elle entendit une voix d’homme.

-« Puis-je vous aider ? »

Sans savoir d’où venait cette voix, elle répliqua sèchement que non ! Qu’en aucune façon elle avait besoins d’aide, qu’elle s’en sortira bien toute seule, qu’il veuille bien, sans insister, passer son chemin.

-« Comme vous voulez répliqua l’inconnu ! »

-« Mais qu’est-ce que je fous là, dans cette forêt de merde se répétait-elle, coléreuse ! »

Elle entendit l’inconnu s’éloigner. Là, elle s’aperçut qu’il s’agissait d’un superbe cavalier sur sa belle monture. Le garde forestier sans doute.

Les larmes aux yeux et rouge de colère, elle jura avec fureur.

-« Quelle triple conne je suis ! »

Il y a des jours où on ferait mieux de rester chez soi.

F I N

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Dimanche 4 avril 2010 7 04 /04 /Avr /2010 07:59

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 Tout à commencé en Avril ou Mai, je ne sais plus. C'était en fin d'après midi, à moins que ce fut le soir ou l'après soir, en tout cas, çà s'est passé alors que je m'étais mis au lit, autrement dit, à 22h50 comme affiché ce soir là, sur mon radio réveil.

J'étais dans mon lit, les draps remontés jusqu'au menton. Comme chaque soir, j'avais ce sourire de satisfaction, comme chaque fois, lorsque je me mets au lit, et me couvre de draps frais, parfumé au lys blanc. Là, j'éprouve enfin un grand soulagement, comme me débarrasser du lourd fardeau de la journée, pour une longue nuit à rêves, sur fonds de ronronnements mélodieux.

A peine avais-je fermé les yeux, quand j'entendis, très distinctement une sorte de plainte venant du couloir, comme un gémissement qui fut, ni long ni bref, en tout cas, difficile à imiter. Je me suis relevé, sur mon lit pour mieux entendre et là, çà recommençait. Une plainte plus forte et plus longue. Je ne savais pas exactement, d'où provenait ce bruit, Mais il ne pouvait venir que du débarras.

Un frisson de crainte parcouru mon corps, mais aussi une envie de curiosité. Il fallait s'en assurer. J'allumais ma lampe de chevet et me leva. Le bruit venait à coup sûr du débarras. Il s'agit d'un réduit étroit et long de cinq mètres qui longe tout le couloir. Cet endroit sert, à la fois de penderie et d'emplacement de toutes sortes, linges, valises, cartons, affaires personnelles etc...

J'éclaire le couloir et ouvre brusquement, la porte du débarras. Dans la demi obscurité, je regarde dans les coins et sous le réservoir du chauffe eau, mais rien de suspect. Pas le moindre bruit ou craquement. J'allais refermer, quand, j'entendis à nouveau cette sorte de gémissement, plus fort et plus net, un son plaintif, qui fait frémir. Çà ne venait donc pas du cagibi, mais des toilettes, juste à côté. J'ai ouvert celles-ci, puis écouté, deux, trois minutes mais rien.

Sans plus tarder, je me suis remis au lit. Les gémissements ont repris le lendemain.

C'est ainsi que depuis plusieurs mois, ces bruits, accompagnent mes journées, du matin au soir et parfois la nuit. Un habituel familier, auquel je me suis finalement adapté. Ces bruits étranges, indéfinissables et inimitables, ont toujours la même provenance, à quelque chose près, derrière la cuvette des toilettes. J'ai eu beau chercher, inspecter, chaque centimètres carré de cette cuvette, jusqu'à la canalisation, mais rien d'anormal, aucune trace ni indice. La cuvette entière est en bon état, aucune fissure ou joints défectueux.

Ces bruits qui ressemblent à des plaintes, se manifestent, principalement le matin, les après midi et le soir. Les gémissements sont imperceptibles ou, parfois, assez fort au point de me réveiller la nuit.

Il arrive aussi que les bruits disparaissent pendant plusieurs jours, puis un beau matin ils reprennent. Alors, quand j'use des toilettes, je me surprends à parler tout haut à la cuvette : « Tiens te revoilà ?  Alors, où étais-tu passé ?  Tu me fais la gueule ? » ou encore, dans des moments d'agacements, « Et puis, qu'est-ce que tu fout dans les toilettes, à gémir...? »

Il, (je l'ai surnommé « il ») ne répond pas bien sûr, mais il est là, et finalement, petit à petit je familiarise avec « il » Au point de tenir avec lui des conversations, même si ce n'est qu'à « voix » unique. Je suis le seul occupant de cette maison, et je doit dire que « il » me fait du bien, lorsque j'entends ses gémissements, je me sens moins seul. Mais, pourquoi des plaintes et pourquoi principalement dans ces chiottes?

Un soir, j'ai laissé pour la nuit, sur le carrelage, une feuille de papier et un stylo, croyant qu'il se manifesterait, sous quelques formes que ce soit, mais en vain. Les jours et les nuits passent.

Un Jeudi matin, de Mai 2013, alors que j' étais assis sur la cuvette, celle-ci s'est mise à trembler légèrement. La surprise fut grande, et la sensation effrayante. Comment pouvait-elle bouger ainsi? Je réalisais que çà ne pouvait être qu'un...

-« Un...Un tremblement de terre, fis-je affolé ! » je me levais précipitamment et couru dans le salon, j'ai regardé par la fenêtre. Tout avait l'air tranquille, les maisons voisines étaient toujours là, bien en place, et mon voisin, Charles Labinetterie, bêchait toujours son jardin. Autrement dit, ce n'était qu'une fausse alerte, j'étais rassuré.

Je remis de l'ordre dans mes vêtements et, alla saluer Charles. Je lui fis part de ce que j'avais ressenti dans les toilettes. Il parut nullement étonné. « Les muchas, me dit-il, il n'y a que çà! » puis ajoute « Allez voir La Bricole, il a la solution à çà! ».

Avec Charles le taciturne, j'en saurai pas plus. Je retourne chez moi. Dans les toilettes, la cuvette ne tremblait plus, mais, il y avait au fond, comme un bouillonnement, j'ai actionné la chasse, ce que je n'avait pas fait avant. Quand soudain un jet de matière fut expulsé hors de la cuvette avec un bruit de colère où se mélangeaient plaintes et gémissements.

-« Merde c'est quoi çà? »

J'ai aussitôt reculé et impuissant j'ai alors assisté à une véritable éruption des matières. Une épouvantable pourriture sortait de la cuvette en une puissante vomissure molle et compact qui n'en finissait plus. En tout cas, largement suffisante pour enduire, sur une épaisseur de trois centimètres, les murs, le plafond et le carrelage, avec çà et là, des millions d'asticots. Une incroyable odeur s'est répandu à travers la maison. Le rejet dura trois bonnes minutes.

Chez La Bricole, la vendeuse me reçoit derrière son comptoir. Je lui raconte les faits qui me sont arrivés chez moi. Je la vois grimacer et a une réaction de recule, mon histoire lui paraît invraisemblable et surtout merdeuse. Elle appelle son patron à l'aide qui me reçoit à son tour, dans son petit bureau.

Après une poignée de main, mollasse et froide, Il se présente : « Mr Charles Lebaillasson, propriétaire et patron de « La Bricole ». Il me prie de m'asseoir puis me dit :

-« Je vous écoute ! »

Mr, Charles est petit de taille et sec comme un gisclet, il doit avoir les soixante dix ans. Sa tête est quasiment chauve et bronzé, son visage est fortement buriné à croire qu'il a passé tout sa vie au soleil, sur un bateau. Ses gestes, son attitude, inspirent la malice et la ruse mais aussi la sagesse d'un vieil indien.

Sans rien oublier, je lui détail l'affaire. Après un silence de réflexion, sa tête osseuse et chétive se rapproche du mien, sa peau, son crane sentent le rance. Il prend une bonne inspiration et avec une voix de bique il me dit :

-« Avez vous une seule fois imaginé ce qu'endure un cuvette de WC, ce qu'on y verse, ce qu'on y entasse jour après jour ? »

« Et oui Monsieur, je vais vous le dire, c'est un grand nombre de papiers, cotons, poils et cheveux, préservatifs usagés, tampons sanglants et bien sûr, matières fécales avec ou sans sang, urines, crachats, vomissures, et bien d'autres choses répugnantes... Mais vous avez bonne conscience car vous pensez qu'en actionnant la chasse d'eau, toutes ces horreurs vont disparaître comme par enchantement. J'ai omis de vous dire, outre ces choses repoussantes, vous faites subir, en plus, à votre cuvette vos bruits, vos odeurs et surtout la vue! ».

« Et bien non! Faut pas venir vous plaindre si les matières, à la longue, se révoltent et reviennent au point de départ. Oui Monsieur vos WC souffrent, se plaignent, gémissent, et pleurent parfois. Votre cuvette est malade! »

Mr. Charles, Lebaillasson, reprend son souffle, il s'accorde une pause.

-« Oui bien sûr, lui dis-je navré, je ne voyais pas çà comme çà. Mais, sinon vous avez une solution?

-« Les muchas, il n'y a que çà. Je vais vous donner une boite de cinquante! »

S'apercevant de mon étonnement, il ajoute :

-« il s'agit de mouches Ethiopiennes, vous les lâchez dans vos toilettes et vous laissez faire trois quatre jours, cela dépend !  En attendant, pour vos besoins quotidiens, nous avons ici, des vases de nuit de toutes tailles et joliment décorés! »

« Une dernière chose concernant les muchas. Sans que vous vous occupiez de quoi que ce soit, ces bestioles une fois, la cuvette et vos murs nettoyés, instinctivement elles se dirigent, via la tuyauterie, vers votre fosse septique et la, elles vous la nettoient et vous la rende comme neuve! »

Après un merci-pour-tout, j'allais quitter l'inlassable Charles, mais il me retient et me fait remarquer du bout de son index, un petit poème au dos de la boite :

-« Après vos besoins, n'oubliez pas de remercier votre cuvette comme si vous deviez remercier le ciel! »

Dehors, au volant, de mon véhicule, j'ai remarqué dans mon rétroviseur, le vieux Charles sorti de la Bricole et me faire de grand signe comme pour me donner un dernier conseil, une dernière recommandation, Mais j'ai préféré continuer ma route.

Revenu à mon domicile, J'ai garé volontairement mon véhicule à 50 mètres de l'entrée. L'odeur fécale s'était déjà répandue sur les lieux voisins. Charles Labinetterie, bêchait toujours son jardin, il portait une serviette sur le nez, façon brigand du Far West. Quand je l'ai croisé, je lui ai montré triomphant, la boite de muchas, mais il m'a ignoré.

A l'intérieur de la boite çà bourdonnait sauvagement. Les muchas sentaient venir le gueuleton. Dans le couloir, j'ai, par maladresse, fait tomber la précieuse boite, j'ai été stupéfait de la voir sautiller seule sur le sol, et se diriger vers les toilettes. Ensuite, je n'ai fait que ouvrir la porte et la refermer aussitôt! J'ai collé mon oreille pour écouter et là, comme dans la boite, çà bourdonnait furieusement, avec des bruits de déglutitions.

Satisfait, je me frottais les main, tout à fait comblé.

« Il n'y a plus qu'à attendre me suis-je dis ! »

Un jour passe puis deux, puis enfin mon troisième jour d'attente. Si le besoin de pisser n'a pas été un problème pour moi, à l'inverse, çà n'a pas été le cas pour aller à la selle. En effet n'ayant pas de récipient de nuit, j'ai dû, en m'aidant de médicaments et à la limite du malaise, j'ai dû, dis-je, me serrer les fesses. Ce jour-là, était le délai maximum à supporter. Tous les deux minutes j'allais écouter à la porte des WC et miracle, cette dernière écoute fut la bonne, plus aucun bruit. Avec précaution, j'ai à peine ouvert la porte, puis, confiant, l'ouvris entièrement. La pièce des WC, ainsi que la cuvette étaient nickels, agréablement propre voire reluisante. Plus une seule saleté, l'odeur s'était dissipée, et les mouches envolées. Sans aucun doute, les muchas dévorantes, sont allées envahir la fosse, après avoir bien débarrassé les murs.

Aussi, sans attendre et après engloutissement de suppos à la glycérine, je soulage enfin mon bas ventre, qui avait sérieusement durcit :

 

« Adieu merde cherie

Pour un instant

Tu as été ma vie, mon égérie

Sans douleur et ruisselante

Tu arrives ramollissante

Dans cet écrin douillet

Je te rends ta liberté ! »

 

Toujours assis sur ma cuvette, à me débarrasser de mes emmerdes, il me semble entendre soudain, venir du fond des canalisations, un bourdonnement sauvage, pareil à une cavalerie en chasse. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, je me levais rapidement de mon trône et là, une nuées de muchas d'une grosseur démesurées, déboulent toutes menaçantes du fond de la cuvette, et s'en prennent, férocement, à mes fesses.

Là, Charles Labaillasson patron de la bricole aurait pu m'avertir que les muchas, une fois leur travail achevé, s'agripperaient à mes partis les plus charnues, au point de me prendre pour une merde.

Je ne vous décrirais pas la suite mais je vais vous dire, les muchas et moi, sommes devenus depuis, comment dire..., cul et chemise. Elles ne m'ont plus quittées. Je leur ai fabriqué une cage plus grande, et les loue comme nettoyeuses, à des personnes qui ont des problèmes de refoulement.

Si vous êtes concernés...!!

Quoi qu'il en soit, les muchas après leur va-et-vient aux toilettes, « il » ne s'est plus jamais plaint. Je vous assure.

 

Lucien Ruth                                   F I N

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par lucien ruth - Communauté : ECRIMANIA ou le désir d'écrire...
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Mercredi 10 mars 2010 3 10 /03 /Mars /2010 13:25

(Classée dans la categorie "n'importe quoi") 

 

 

Sur la route filante et vibrante

Un monsieur fou

Roule comme une étoile filante

Il fait partie des gens d’armes.

Un gendarme, au loin, ne se soucie point

Des gens d’armes et pas fou, sort son sifflet

Poursuivant sa route filante et vibrante

Le gens d’arme se fiche bien

Des gendarmes en arme.

Il s’en balance, il en a que faire

Vite rejoint par le gendarme

Aux formalités, il reconnu son frère aîné

Ils s'enlacèrent comme deux frères aimés

Mais un gendarme reste un gendarme

Guère aimable, il verbalisa le gens d’arme.

Le frère aîné et aimé tout en rage,

Dégaine son arme

Vise et tue le gendarme.

Aux assises le gens d’arme

Déclara avoir vu rouge,

Aucune pitié jugea le tribunal !

On peut tuer un gens d’arme

Mais non un gendarme.

Sur la route de l’isolement

Filante et vibrante, un monsieur Plus fou,

Que fou, tue le temps.

LR

 

 

 

 

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